Sarkozy Candidat ou pas ?

Publié le par becitizen

Sarkozy,
candidat ou pas ?

 

Nicolas Sarkozy accélère. Selon un stratège de sa campagne, il pourrait déclarer sa candidature dès la semaine

prochaine, celle du 13 au 19 février. Au plus tard, la semaine suivante, celle du 20. «A partir du 15 février, tout

est possible», nuance un conseiller du président, qui rappelle le seul impératif: s'être déclaré avant le 16 mars,

date limite de dépôt des parrainages au Conseil constitutionnel. Le choix de la date n'est toutefois pas aussi

aisé qu'il y paraît. Le calendrier des prochaines semaines est plein de chausse-trappes pour un candidat à la

présidentielle, qui sait que chaque détail de sa déclaration sera scruté, pesé, analysé, commenté. Or, dans les

prochains jours, ce sont les saints du calendrier qui pourraient compliquer la donne.

La semaine du 20 février est, en la matière, un champ de mines. Sarkozy peut difficilement se déclarer le 21

février, jour de Mardi-gras, traditionnellement dévolu au carnaval: ce serait la porte ouverte à tous les sarcasmes.

Le lendemain, 22 février, est le mercredi des Cendres, jour d'entrée dans le temps du Carême: une déclaration de

candidature à la présidentielle ce jour-là serait jugée trop «bling bling» par les catholiques (électorat naturel de

l'UMP), qui lui en voudraient.

 

Saint-Modeste ou Saint-Aimée

 

Le jeudi 23? La Saint-Lazare, le ressuscité le plus célèbre de l'Évangile. Touché par le Christ, Lazare se leva du

tombeau. Même si Nicolas Sarkozy est devancé par François Hollande dans les sondages, l'image serait douteuse.

Le lendemain, le 24 février, c'est la Saint Modeste: pour Sarkozy, qui veut trancher avec le slogan hollandais

de «président normal», ce n'est pas idéal non plus. Quant au premier jour de la semaine, le 20 février, c'est le

jour de Saint-Aimée: un choix qui pourrait être perçu comme le signe d'un excès de confiance. «Nous avons

évidemment regardé tout cela de très près», admet un conseiller. «Dans une déclaration de candidature, tout

compte», ajoute un autre.

La semaine prochaine offre plus de possibilités, même si deux jours apparaissent proscrits: le 14, jour de la

Saint-Valentin: trop mièvre. Et le 15, jour de la Saint Claude. Après la sortie polémique du ministre de l'Intérieur,

Claude Guéant, sur les civilisations qui ne se «valent pas» et les critiques de la gauche, qui reproche au chef de

l'État de s'appuyer sur le premier flic de France pour séduire une partie du FN, une entrée en campagne le jour

de la Saint Claude susciterait, là encore, les sarcasmes de l'opposition.

Reste trois jours neutres: le lundi 13 (Sainte Béatrice), le vendredi 17 (Saint Alexis) et le jeudi 16, jour de la

Sainte Julienne. Pour mémoire, Julienne, en italien, se dit Giuliana, de la même famille que... Giulia. Sarkozy

choisira-t-il de dédier son entrée en campagne à sa fille de quatre mois?

De plus, à moins de 80 jours du premier tour, cette rencontre Merkel-Sarkozy prendra forcément un tour très

politique. D'autant que la question du "modèle allemand" est omniprésente dans le débat politique en France.

Et que la chancelière semble désireuse d'apporter son soutien à Nicolas Sarkozy. Hermann Gröhe, secrétaire

général de la CDU, le parti de la chancelière, avait annoncé récemment qu'elle comptait effectivement "soutenir

Nicolas Sarkozy lors de rendez-vous de campagne au printemps". Certes, le président n'a pas encore annoncé sa

candidature à un second mandat mais ne fait plus mystère de sa volonté d'entrer dans la course à l'Elysée.

 

Article :

 

Nicolas Sarkozy a failli déclarer, jeudi, sa candidature à un second mandat présidentiel à... un ouvrier du bâtiment

croisé dans l'Essonne, faisant mine de ne retenir sa confession très attendue qu'à cause de la présence de
caméras. Alors qu'il visitait un chantier de 130 logements sociaux en construction sur un terrain vendu par l'État,
le chef de l'État a été interpellé par un ouvrier qui lui a posé la question de son entrée dans la course à l'Élysée :

"Candidat, pas candidat ?" lui lance-t-il, un téléphone portable à la main.

Nicolas Sarkozy regarde autour de lui, sourit et lui répond :

"Caméra, pas caméra ?"

Un long silence s'installe, interrompu par le président :

"On se comprend."

Inquiets de son retard dans les sondages d'intentions de vote sur son rival socialiste François Hollande,
responsables et élus de droite multiplient depuis quelques semaines les appels pressants à Nicolas Sarkozy
pour qu'il entre rapidement dans la course à l'Élysée. Le chef de l'État, qui a répété son intention de gouverner
jusqu'au bout de son mandat pour cause de crise, n'envisage pas, selon son entourage, de déclarer sa
candidature avant le mois de mars, bien que l'idée d'une déclaration de candidature avant la fin du mois
de février soit de plus en plus répandue. "J'ai un rendez-vous avec les Français, je ne me déroberai pas. Et
franchement, ça approche", a-t-il dit dimanche soir lors de sa dernière prestation télévisée, mais "quand on est
chef de l'État, on a des devoirs (...) il y a un calendrier, il y a des obligations, ce n'est pas l'agitation qui me fera
changer".

Lors de son déplacement dans l'Essonne, jeudi, Nicolas Sarkozy s'est employé à justifier les mesures
annoncées dimanche soir pour doper la construction de logements et en faire baisser les prix, et a promis pour
l'accompagner des réformes de la fiscalité immobilière et du droit de l'urbanisme. Lors de sa prestation télévisée
dimanche soir, le chef de l'État a annoncé que le gouvernement allait autoriser, pour régler la crise du logement,
l'augmentation de 30 % des droits à construire. Cette mesure doit être présentée au Parlement dès ce mois-ci.
Le chef de l'État a par ailleurs confié après l'émission aux journalistes présents que cette mesure était "la plus
importante", à ses yeux, de celles qu'il venait d'annoncer.

Publié dans Hommes politiques

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